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J'ai une passion, c'est la lecture et j'aime en particulier la littérature africaine c'est pur, c'est fort, c'est tout un art... La musique, ses hommes d'Afrique qui nous ont marqué, venez les découvrir, venez voir que les mots ne sont pas vains pour nous!

18 décembre 2008

La source encrée en moi

Maintenant, Je souhaiterai partager autre chose avec vous. Il s'agit de mes écrits. Hé oui! un jour peut être que je serai un écrivain mondialement connue comme tous les auteurs que j'apprécie et que je m'évertue de vous faire apprécier aussi.

"La source germée en moi"
est une nouvelle que j'ai écrit suite à un diner avec des amis sénégalais. C'est le débat que nous avons eu toute la soirée qui m'a inspiré et qui a donné ce chef d'œuvre. Essayez de le lire jusqu'au bout et dites moi ce que vous en pensez.

La source germée en moi...

- Je ne suis pas d’accord avec toi Cherif. Pourquoi es tu si négatif? Nous avons énormément de potentialités

- Tu parles ! Si c’était le cas, nous serions développés depuis bel lurette

- C’est la faute à nos dirigeants. Intervient Zenaba

- Toujours les mêmes arguments ! Continua Cherif. Nous sommes censées être un continent de démocratie. Les dirigeants, c’est nous qui les élisons, s’ils ne sont pas compétents, aux prochaines élections, on les évacue aussi simple que ça. Mais les Africains sont tellement cupides et avides d’argent qu’il suffit d’une campagne bien arrosée de quelques liasses de billet et le même vautour est réélu

- Tu as raison poursuivit Ima. Mais tu es aussi d’accord que les élections ne sont pratiquement jamais transparentes chez nous. Même si les votes annoncent un autre candidat vainqueur, le président au pouvoir fera tout pour que les résultats le sorte gagnant. Au pire, il s’imposera par un coup d’état et personne ne pourra rien faire.

 

Trois étudiants noirs dans un café parisien débattant de leur continent. Ça ne pouvait que se remarquer. J’étais assise deux tables plus loin de la leur et j’écoutais avec attention leur débat. J’aurais bien voulu y participer parce que j’avais aussi beaucoup d’idées à leur faire partager mais ça aurait été un peu mal placé de ma part.

 

- Qu’enfin nous prenions nos responsabilités pour faire quelque chose pour l’Afrique ! La plupart des étudiants qui viennent là, découvrent une vie meilleure et ne pensent plus à repartir dans leur pays. Et ça démontre encore plus à quel point les noirs sont doués pour la bêtise. Les intellectuels africains ne pensant qu’à leurs intérêts personnels, sont exilés au quatre coin du monde et laisse les incapables gouverner leurs pays. Franchement ça me désole !

- J’ai peur de constater que nous sommes finalement le seul avenir qui reste à nos pays… Affirma Ima d’un air décidé

 

J’attendais Hervé mon petit ami. Il voulait que nous discutions du weekend que nous allions penser ensemble.

Naturellement, présenter à sa famille, une partenaire noire ça ne devait pas être évident. J’étais sure qu’il voulait me préparer à cette rencontre afin que j’affiche la personnalité que ses parents voudraient voir.

Comme d’habitude, il était en retard mais cela ne me posais pas de problème. J’étais beaucoup trop captivée par ce qui se passait à mes côtés. Comme ils étaient intelligents ! Surtout ce Chérif qui donnait l’impression d’être vraiment engagé. J’aurais tant voulu…

 

- Excuse-moi mon amour. Dit Hervé tout d’un coup à mes côtés

- Ce n’est pas grave.

- Tu ne peux pas t’imaginer à quel point j’ai eu une journée pénible…

 

Je l’écoutais de manière distraite me raconter ses malheurs… Combien d’enfants mouraient de faim à cause de la famine ? Combien de vies perdues à cause des guerres inutiles qui ravageaient chaque parcelle de terre de l’Afrique ? Hervé lui vivait dans un appartement dans le 8ème arrondissement de Paris, se permettait de jeter ses moindres restes à la poubelle, s’habillait chez Dolce Gabbana et toute sa vie était sens dessus dessous parce que la dernière BMW qu’il s’était offert il y avait à peine un an, était en panne.

 

- Tu m’écoutes Kanane ?

- Oui bien sur

- Ils pourraient discuter moins fort non ? Dit-il brusquement en se retournant vers la table de mon centre d’intérêt

- En quoi leur débat te gêne t-il ?

- Pourquoi les noirs sont ils toujours aussi bruyant ? Il faut toujours qu’ils se fassent remarquer.

 

Ce n’était pas la première fois qu’ils me faisaient ce genre de réflexion. Jusque là, ça ne me touchait pas particulièrement. Mais aujourd’hui entendre le discours de ce Chérif avait fait naître en moi un sentiment que j’avais enfoui depuis très longtemps.

 

Mes parents avaient quitté le Bénin depuis trente ans et après plusieurs pays, s’étaient définitivement installés en France. J’étais née un jour d’hiver alors que ma mère se rendait au supermarché et depuis la neige faisait partie de mon quotidien.

Je ne me suis jamais rendu à Porto-Novo même pas pour les vacances. A chaque fois que j’en manifestais l’envie, mes parents me disaient que je n’y trouverais rien d’extraordinaire et que ma place était ici, dans notre maison à la Villette. J’étais donc noir de peau mais j’étais française et malgré moi j’avais cette identité.

 

- Tu sais quoi Hervé ? Prendre le métro quelques jours, ça ne vas pas te tuer. Maintenant si tu veux bien m’excuser nous reprendrons notre discussion plus tard, j’ai à faire.

 

Sans lui laisser le temps de répondre, je quittai la table. Il fallait que je prenne mon courage à deux mains et que j’aille les aborder, c’était comme vital pour moi.

 

- Excusez-moi ?

- Oui ? Répondit Zenaba avec un sourire

- Euh… Je ne sais pas comment vous dire ça sans paraître idiote mais est ce que je pourrais m’asseoir avec vous quelques instant ?

- Pourquoi ? Demanda Chérif

 

Il avait quelque chose de fougueux qui le rendait si attirant mais en même temps si détestable.

 

- Chérif ! S’interloqua Zenaba qui toujours avec un sourire m’invita à prendre place à côté d’elle

- Merci… Fis-je d’une voix soulagée

- On t’offre quelque chose à boire ? Interrogea Ima

- Non. Merci.

 

Un silence gêné se fit et je savais que c’était à moi de le rompre mais ce n’était pas facile du tout. Cependant j’avais fait le plus dur, je n’allais pas m’arrêter en si bon chemin.

 

- Je m’appelle Kanane, je suis très honorée de faire votre connaissance. Ima, Zenaba et Chérif, je ne me trompe pas j’espère ?

- Hé ben ! Plus la peine de se présenter alors. Dit Zenaba en riant

- Je suis désolée mais je suis votre conversation depuis toute à l’heure et c’est comme ça que j’ai entendu vos prénoms

- C’est à cause de toi que le blanc qui est assis de l’autre côté du bar nous regarde comme ça ? Me dit Chérif en guise de réponse

- Peut être.

 

Je foudroyai Hervé du regard qui comprit tout de suite qu’il devait s’en aller.

 

- Il n’était pas très content, j’espère que nous ne t’avons pas créé de problème ?

- Non Ima ne vous inquiétez pas, c’est juste un ami sans importance

- D’accord. De quelle nationalité es tu Kanane ?

- Je suis française

- Ah bon ? On ne dirait pas. Argua Chérif

- Pardon ?

- Laisse tombé me dit Ima. Moi je suis Nigériane et Zenaba Tchadienne quant à ce sauvage, il vient du Mali plus précisément de Ségou

- Je suis sûre que cela n’intéresse pas notre française qui n’a pas encore fini d’apprendre la géographie de son pays.

 

Je comprenais maintenant où il voulait en venir ! Comment pouvais-je être aussi bête. Evidemment, je n’étais française que sur les documents administratifs. La couleur de ma peau, mon patronyme, tout en moi rappelait mes origines…

 

- Excusez moi Chérif, je me suis mal exprimée toute à l’heure. Je suis d’origine Béninoise et je sais que Ségou est une ville historique dont Biton Coulibaly fonda le royaume des Bambaras

- Oh lala ! Enfin quelqu’un pour te bluffer

 

Zenaba était plié en quatre sur sa chaise. Elle avait une telle joie de vivre qu’elle arrivait à le communiquer à son entourage. Mais pour l’instant cela ne m’arrangeait pas vraiment car je voulais réellement me faire apprécier par lui.

L’air un peu agacé, Ima me demanda.

 

- Tu as l’air d’avoir envie de nous dire quelque chose

- Oui. En effet comme je vous l’ai dit…

 

Elle m’interrompit en me disant sur un ton sec.

 

- Tu n’as pas remarqué que nous te tutoyons ? Essaie de prendre exemple

- Ah ! D’accord merci. Je disais donc que depuis toute à l’heure je vous écoutais parler et ça m’a vraiment intéressé. Je n’ai jamais connu le Bénin mais je sens à chaque fois qu’il y a quelque chose qui m’attire vers ce pays et l’Afrique toute entière. J’essaie donc de me documenter au maximum afin de ne pas paraître inculte quand je côtoie la communauté noire. Enfin, ce n’est pas le plus important. Je fais des études de journalisme et je suis actuellement en stage chez le quotidien « le monde ». J’ai un mois pour écrire un article sur un sujet pertinent et je vous avoue que jusqu’à aujourd’hui je n’avais aucune idée de ce que j’allais faire.

- Tu veux dire que nous sommes ta source d’inspiration ?

- En quelque sorte. Je voudrai écrire sur l’Afrique et j’aurai besoin que vous m’aidiez parce qu’entre ce que j’apprends dans mes bouquins et la réalité il doit y avoir quand même quelques différences. Je me disais que vous pourriez peut être m’accorder quelques minutes de votre temps un jour prochain afin de répondre à mes questions pour la rédaction de mon article.

 

Le cœur battant la chamade, mon souffle était suspendu à la décision qu’ils allaient prendre.

 

- Ben moi je suis partante. Répondit chaleureusement Zenaba.

- Moi aussi. Dit Ima toujours aussi calme

- Idem. Déclara Chérif quelques minutes plus tard.

 

Eureka ! J’avais gagné…

 

Assise devant la télévision, les cheveux au vent, j’attendais que ma mère finisse son ménage pour venir les tresser. J’avais reçu quelques heures plus tôt un appel de Chérif qui m’invitait à Montpellier ce weekend au mariage traditionnel d’un ami et je tenais à être parfaite.

 

- Je me suis dit que ça t’intéresserai

- Mais bien sûr ! Je viendrai avec plaisir.

- Très bien. Rendez vous demain à la gare de Lyon. J’achèterai ton billet aujourd’hui c’est mieux.

- Merci, je te rembourserai lorsqu’on se verra

- Garde ton argent... Bon je te laisse, je dois accompagner les filles à la gare, elles prennent de l’avance sur moi pour aller aider pour les préparatifs.

 

Je ne savais pas pourquoi je me sentais attiré par ce personnage si brutal. Sa voix avait réussit à mettre tous mes sens en éveils. Je ne voulais pas me faire d’illusion, je savais qu’il méprisait le genre de fille que j’incarnais. Je n’étais pas l’africaine avec qui il voudrait avoir une histoire, j’étais sûrement beaucoup trop « française » pour lui. Mais j’espérais tout de même le faire changer d’avis à mon sujet…

 

- Je suis là ma chérie. Installe-toi, que j’en finisse rapidement avant que ton frère ne se réveille. Tu sais qu’il n’aime pas que je le fasse attendre pour sa tétée

- Quoi ? A cause de lui tu vas me coiffer à la hâte ! Je te préviens tout de suite que je ne suis pas d’accord

- Tu es une grande fille maintenant. Tu ne vas pas te mettre en concurrence avec un bébé de six mois

- Maman stp !

- Comme tu peux être susceptible. Bon viens t’asseoir que je te fasse belle pour tes beaux parents.

- Quoi ? M’écriais-je étonnée

- C’est bien chez les parents d’Hervé que tu rends non ?

 

Je n’avais pas envie de la contredire. J’avais rompu avec Hervé depuis un petit moment. Au fond, ce n’était pas un mauvais garçon, je m’étais juste rendu compte que nous appartenions à deux mondes différents qui ne se comprenaient pas.

 

 

« Cette terre…

 

J’avais déjà le titre de mon article, il ne me restait plus qu’à agencer toutes les notes que j’avais prises lors de mon séjour à Montpellier et durant toute cette semaine avec mes nouveaux amis. Je suis très optimiste quant à mes relations avec eux surtout avec Chérif.

 

Assise non loin des mariés je m’émerveillais par l’ambiance qui régnait dans la salle. Des enfants qui couraient dans tous les sens, des filles superbement parées dans leurs boubous dansaient sur la piste au rythme fracassé des tambours.

 

- Mais qu’est ce que tu fais là ? Viens on va danser. Me dit Chérif en venant s’assoir à mes côtés

 

Il m’avait l’air particulièrement de bonne humeur ce soir. C’était peut être à cause de l’atmosphère, ça devait lui rappeler sa région natale. C’est fou comme il pouvait être fier de ses origines. Elle lui donnait une telle force ! Une telle assurance ! Qui me troublait énormément et me donnait envie de me fondre en lui pour la partager.

 

- Non merci. Répondis-je un peu surprise par cette marque d’attention. Je me sens un peu fatiguée.

- D’accord mais tu peux au moins marcher ? J’aimerai bien que tu m’accompagnes dehors, j’ai envi de prendre l’air.

 

Vous imaginez bien que je ne me fis pas prier. Je sautai presque de ma chaise, pris mon manteau et le suivit en trottinant.

La brise du soir me caressait tout doucement le visage et je me sentais bien. Comme c’était agréable d’être à ses côtés, de frôler son bras à chaque pas que je faisais… Après quelques heures de marche, nous nous installâmes sur le banc d’un parc histoire de récupérer un peu.

- Je te trouve très intéressante Kanane

- Quoi ?

 

J’étais tellement étonné que c’est le seul mot que je pus dire face à cette déclaration.

 

- Tu m’as très bien entendu. Je te trouve différente des ces enfants d’immigrés qui se complaisent dans leur acculturation. Toi au moins tu cherches à te rapprocher de ta civilisation et je trouve ça admirable

- Merci… tu sais Chérif, si j’en avais les moyens, je serais parti au Bénin depuis bel lurette. Tout en France m’étouffe. Je sens quelque chose qui m’appelle loin, très loin d’ici, qui me dit que ma place se trouve ailleurs qu’ici

- Qu’est ce que je disais ! Dit-il en s’esclaffant. Tu es incroyable Kanane. Fais attention cependant, je risque de penser que tu es comme ces touristes qui sont excités à l’idée d’aller découvrir de nouveaux horizons. Il ne faut pas croire que tout en Afrique est magnifique, tu risques de déchanter. Tu es habitué à un rythme de vie que tu n’auras pas las bas. La mentalité, le fonctionnement de la société, tout est complètement différent. Pense tu que tu pourras le supporter ? Dans ma région, les femmes se lèvent à l’aurore pour piler le mil qu’elles prépareront pour leurs maris. Maris qu’elles traitent comme des dieux et à qui elles sont soumises. Ne seraient ce pas trop te demander que d’avoir ce genre d’attitudes avec un homme ? Toi qui te dis sûrement libérée ou encore l’égale d’un homme

- Je ne sais pas. Dis-je sincèrement. Mais peut être que si nous… euh comment dire…

 

Je ne trouvais plus mes mots. J’avais de l’audace c’est vrai mais pas au point de lui avouer tous les sentiments contradictoires que j’éprouvais pour lui. Comment faire ? Comment lui faire comprendre que j’avais besoin qu’il s’ouvre à moi afin que je puisse me nourrir de son savoir, m’abreuver de notre source.

 

- Je t’écoute. Qu’est ce que tu souhaites me demander

 

« Vas y lance toi, tu n’as rien à perdre » Me dit une petite voix au fond de moi

 

 

- Pourrions nous devenir amis toi et moi ? J’aimerai vraiment partager quelque chose d’intime avec toi. Bien sur pour me permettre de comprendre et d’apprécier encore plus notre terre. Mais aussi parce que la simple fille que je suis souhaite devenir proche du simple garçon que tu es.

 

Comme s’il semblait avoir déjà réfléchit à la question, comme si mes sentiments pour lui étaient partagés, il me répondit sans hésiter avec un sourire au coin des lèvres.

 

- Pourquoi pas ?

 

 

… Elle est le berceau de l’humanité et cela doit nous interpeller. Arrêtons donc de la mépriser et donnons lui tout notre amour, toute notre force, toute notre intelligence afin qu’elle se relève de ses blessures et puisse s’affirmer envers et contre tous.   

 

 Kanane Dovonou avec la participation de Chérif Sidibé, Ima Atiku et Zenaba Habré »

 

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16 décembre 2008

Mon admiration

589932_1cf70bfc1a_mC'est une véritable intellectuelle. Je l'admire beaucoup et j'espère vraiment un jour comme elle acquérir autant de savoir et pouvoir le transmettre pour mon continent.

Aminata Sow Fall
, née en 1941 à Saint Louis, est une écrivaine sénégalaise.

Après plusieurs années au lycée Faidherbe de Saint-Louis, Aminata Sow Fall termine son éducation secondaire au lycée Van Vollenhoven – aujourd'hui lycée Lamine Guèye – à Dakar. Par la suite elle entame une licence de lettres modernes en France.

Après son mariage en 1963 elle rentre au Sénégal pour d’abord se dédier à l’enseignement, puis prendre une fonction au sein d’une Commission nationale de réforme de l’enseignement du français.

De 1979 à 1988 directrice des Lettres et de la propriété intellectuelle au ministère de la Culture, et du Centre d’études et de civilisations, lui sont également à attribuer des mérites autour de la fondation de la maison d’édition Khoudia, du Centre africain d’animation et d’échanges culturels, du Bureau africain pour la défense des libertés de l’écrivain à Dakar et du Centre international d’études, de recherches et de réactivation sur la littérature, les arts et la culture à Saint-Louis.

Plusieurs Universités l’ont dotée d’un titre de docteur honoris causa. En général bâties sur un fond de contrastes et de conflits sociaux résultant de la coexistence des cultures et valeurs traditionnelles et occidentales, ses œuvres vivent principalement de l’ironie exprimée par le langage et les réflexions du point de vue du narrateur.

Œuvres

    * Le Revenant, Roman, 1976
    * La Grève des Bàttu, 1979 –: Porté à l’écran par Cheick Oumar Sissoko en 2000 produit par Emet Films - Producteur : Patrick Young

La Politique Moderne et son Orientation de préserver les Apparences se heurtant au rites traditionnelles et religieux autour de l’aumône aux dépourvus

    * L’Appel des arènes, 1982 : Distancé de la famille et des valeurs traditionnelle après des études à l’étranger un couple redécouvre ces racines culturelles à travers sa progéniture –: Porté à l’écran par Cheikh N'Diaye en 2006 produit par Sira Badral - Producteur : Cheikh N'Diaye
    * Ex-Père de la Nation, 1987 : L’échec d’un politicien idéaliste, qui voit son rôle en Père de la Nation, face aux réalités sociales et économiques. Les conséquences sont la transition de son régime en dictature, puis finalement sont renversement dans le sang – Résumée du point de vue de l’(ex-)dirigeant
    * Le Jujubier du patriarche, 1993
    * Douceurs du bercail, 1998
    * Un grain de vie et d’espérance, 2002 : Réflexion sur l’art de manger et la nourriture au Sénégal, suivi d’une vingtaine de recettes proposées par Margo Harley
    * Festin de détresse, 2005

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04 décembre 2008

La sensibilté dans toute sa dimension

Abdoulaye_Sadji

Abdoulaye Sadji est un écrivain Sénégalais né à Rufisque en 1910 et mort à Rufisque le 25 décembre 1961.Son père, Demba Sadj, marabout et convertisseur, est d'origine Sérère et sa mère Oumy Diouf est issue d'une famille musulmane léboue ancrée dans la tradition animiste.

Après des études coraniques, il rejoint les bancs de l'école française à l'âge de onze ans, puis fréquente le Lycée Faidherbe avant d'intégrer l'école William Ponty. Il devient en 1929 un des premiers instituteurs africains et exerce en Casamance , à Thiès, Louga, Dakar et Rufisque, où il occupe ensuite le poste de directeur d'école et d'inspecteur Primaire de 1959 à sa mort, en 1961 . En 1932 il défie les autorités coloniales en devenant le deuxième bachelier sénégalais.

A la fin de la Seconde Guerre Mondiale, Abdoulaye Sadji se lance dans le combat pour l'indépendance de son pays et devient un des pionniers de la Négritude. Loin de la "Négritude du Quartier Latin" il pratique la "Négritude intérieure", et c'est à ce titre que Léopold Sédar Senghor dit de lui: “(...) Abdoulaye Sadji appartient, comme Birago Diop, au groupe des jeunes gens, qui, dans les années 1930, lança le mouvement de la Négritude. Abdoulaye Sadji n'a pas beaucoup théorisé sur la Négritude: il a fait mieux, il a agi par l'écriture. Il fut l'un des premiers jeunes Sénégalais, entre les deux guerres mondiales, à combattre la thèse de l'assimilation et la fausse élite des 'évolués'. Il a, pour cela, multiplié, au-delà des discussions, articles et conférences”

Son œuvre compte entre autres des articles dans présence africaine , Paris-Dakar et dans de nombreuses revues africaines. Il est également l'auteur d'essais et de contes tels que Tounka (1952), Modou Fatim (1960)ou encore Leuk-Le-Lièvre (1953), en collaboration avec Léopold Sédar Senghor (qui en assure la partie grammaticale). Ces ouvrages témoignent de son attachement et de son intérêt pour la culture africaine.

Ses ouvrages les plus connus et les plus étudiés demeurent Maïmouna (1953) et Nini la mulâtresse du Sénégal (1954). Deux romans qui relatent le parcours de jeunes femmes africaines qui, à l'image d'un continent en transition, connaissent espoir, doutes et désillusions. Dans ces deux ouvrages, Sadji se livre à une analyse sans complaisance de la société africaine. Il n'en est pas moins un ardent défenseur de son pays et de sa culture (notamment par la création de la première station radio en langue nationale). Cette culture, il la veut perméable et ouverte sur les autres civilisations. En témoignent sa germanophilie (inédite pour lépoque) et le syncrétisme religieux qu'il a défendu et vécu, au grand dam de l'élite religieuse sénégalaise.

Tout ceci fait de Sadji un adepte de l'intellection vécue plutôt que feinte et un homme de lettres atypique, souvent en contradiction avec l'idéologie de l'époque.

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Maïmouna

Ma_mouna_Abdoulaye Sadji, est un auteur très sensible je pourrai le dire. Il écrit avec une telle simplicité, il décrit avec une telle aisance la société sénégalaise que l'on s'imaginerait vivre en son sein tout au long de la lecture de ses œuvres.

Auteur: Abdoulaye Sadji

Édition: Présence Africaine

Remarques:Maïmouna est une enfant de l'Afrique paysanne, séduite puis finalement meurtrie par la grande ville. Jolie, innocente, rêveuse, Dakar an fera une victime. Elle reviendra panser ses blessures au pays, auprès de sa vieille mère, mieux armée pour consentir aux vertus des gens simples.
À travers l'émouvante histoire de Maïmouna, ce sont deux mondes, deux façons de vivre, Jeux morales, deux visages de l'Afrique qu'Abdoulaye Sadji, romancier sensible et lucide, dévoile.

Avis: J'ai bien aimé ce roman. j'ai eu à le lire dans le cadre de mon cursus scolaire en classe de 4ème. Je l'avoue je n'avais pas bien compris le sens de ce roman mais en prenant de la maturité je me suis rendu compte qu'Abdoulaye Sadji voulait montrer à tous les Africains qu'ils vivent en ville ou en campagne, d'être fiers de la vie qu'il mène, de ne pas essayer de ressembler forcément aux occidentaux en prenant leurs habitudes, leurs rythmes de vie, en voulant forcément être "civilisés" comme ils le disent car les conséquences risquent d'être désastreuses pour nous.

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19 octobre 2008

Le monde s'effondre (Things fall apart)

51ASFP5SVYLChinua Achebe fait partie de nos meilleurs auteurs, c'est vrai que n'ai pas eu l'occasion de lire d'autres œuvres de lui mais le monde s'effondre est un chef d'œuvre tel que je ne doute pas de la capacité de cet auteur à nous faire apprécier ses écrits.

Nom: Le monde s'effondre

Édition: Présence Africaine

Remarques: Destruction de la vie tribale à la fin du siècle dernier par suite de l'arrivée des Européens; tragédie d'un homme dont toute la vie a tendu à devenir l'un des personnages les plus importants de son clan mais qui finit de la façon la plus misérable ; conversion au christianisme - cette abomination - de son fils qu'a éloigné de la vie ancestrale un rite cruel et sanguinaire dont a été victime son meilleur ami d'enfance; vie quotidienne des femmes et des enfants d'un village de la forêt qui, presque totalement coupé du monde extérieur, pouvait se croire «le» monde avec ses dieux et ses ancêtres, ses coutumes et ses interdits, l'inépuisable littérature orale de ses contes et de ses proverbes ; voilà quelques-uns des thèmes d'un roman qui est sans doute l'un des plus riches et des plus pondérés que nous ait donnés l'Afrique Noire.

Avis: J'ai vraiment apprécié ce livre, il ne montre comment il n'était pas facile pour nous les africains de renoncer à nos traditions qui n'étaient pas toujours positives... Chinua Achebe montre par ailleurs comment la colonisation nous a détruit au plus profond de nous même.

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Le talent... toujours le talent

chinua_achebeAlbert Chinualumogu Achebe (Il changera son prénom au cours de ses études pour un prénom ibo classique) est né le 16 novembre 1930 à Ogidi, dans l’est du Nigeria Il est le cinquième de six enfants.

Bon élève, Achebe obtient une bourse et continue ensuite ses études au "Government college" d’Umuahia (une ville qui figurera souvent dans ses livres) de 1944 à 1947, puis à l’université d’Ibadan de 1948 à 1953, année où il obtient son BA (l’équivalent d’une maîtrise dans le système français). Avant d’entrer à La Nigerian Broadcasting Corporation (NBC), Achebe effectue quelques voyages en Afrique et aux États-Unis et travaille quelque temps comme professeur d'anglais. Il suit une formation à la BBC et commença à travailler à la NBC en 1954. En 1958, il écrit son premier roman, "Things fall apart" (Le monde s’effondre).

Il sera en 1972 rédacteur en chef du périodique Obike. En 1987, le dirigeant de l’un des principaux partis du Nord musulman lui demande d’être son adjoint. Il accepte uniquement pour montrer aux gens qu’il est possible, venant de l’est du pays, d’adhérer un parti du Nord, dirigé par un mollah
Il fut professeur à de nombreuses universités anglaises, américaines et nigérianes.
En 1990, un accident le cloue dans un fauteuil roulant. Il rencontrera Nelson Mandela. En 2002 il reçoit le prix de la paix des libraires allemands.

L'Afrique coloniale et la politique l'ont marqué. Il décrit dans ses œuvres les Africains tels qu'il les voit et non de manière raciste  comme beaucoup d'autres l'on fait dans la littérature . Il analyse les sentiments mêlés des Nigérians face à leurs anciennes croyances et coutumes et aux nouvelles.

Il est probablement le plus célèbre auteur africain à écrire en langue anglaise. Cela lui vaudra à plusieurs reprises une nomination pour le prix Nobel , qu'il n'obtint jamais.

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17 octobre 2008

L'intelligence du Congo

uewb_06_img0440Patrice Émery Lumumba (2 juillet 1925 - 17 janvier 1961) Il est l'une des figures qui a permis au Congo d'acquérir son indépendance. Il a aussi été assassiné car ses discours dérangeaient. En quoi prôner notre liberté, notre union, notre développement méritait il de lui donner la mort?

"
l'unité africaine tant souhaitée aujourd'hui par tous ceux qui se soucient de l'avenir de ce continent, ne sera possible et ne pourra se réaliser que si les hommes politiques et les dirigeants de nos pays respectifs font preuve d'un esprit de solidarité, de concorde et de collaboration fraternelle dans la poursuite du bien commun de nos populations."

"Nous avons longtemps souffert et nous voulons respirer aujourd'hui l'air de la liberté. Le Créateur nous a donné cette portion de la terre qu'est le continent africain; elle nous appartient et nous en sommes les seuls maîtres. C'est notre droit de faire de ce continent un continent de la justice, du droit et de la paix."

"Nous avons une culture propre, des valeurs morales et artistiques inestimables, un code de savoir-vivre et des modes de vie propres. Toutes ces beautés africaines doivent être développées et préservées avec jalousie. Nous prendrons dans la civilisation occidentale ce qui est bon et beau et rejetterons ce qui ne nous convient pas. Cet amalgame de civilisation africaine et européenne donnera à l'Afrique une civilisation d'un type nouveau, une civilisation authentique correspondant aux réalités africaines. "

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16 octobre 2008

Le panafricaniste du Ghana

                                                                                                                                                                                  

Nkrumah_kwameKwame Nkrumah (21 septembre 1909 - 27 avril 1972) Voici encore une de nos intelligences! Ce que j'admire chez cet homme c'est qu'il n'avait pas la volonté de construire uniquement le Ghana mais l'Afrique toute entière, il parlait constamment des "États-unies d'Afrique" Malheureusement ses idées aussi importantes soient elles pour notre continent, sont mortes avec lui.

 

"Divisés nous sommes faibles. Unie, l’Afrique pourrait devenir, et pour de bon, une des plus grandes forces de ce monde. Je suis profondément et sincèrement persuadé qu’avec notre sagesse ancestrale et notre dignité, notre respect inné pour la vie humaine, l’intense humanité qui est notre héritage, la race Africaine, unie sous un gouvernement fédéral, émergera non pas comme un énième bloc prompt à étaler sa richesse et sa force, mais comme une Grande Force dont la Grandeur est indestructible parce qu’elle est bâtie non pas sur la terreur, l’envie et la suspicion, ni gagnée aux dépends des autres, mais basée sur l’espoir, la confiance, l’amitié, et dirigée pour le bien de toute l’Humanité ."


"Nous redédions maintenant notre action à la lutte pour émanciper les autres pays car l’indépendance du Ghana n’a aucun sens, tant qu’elle n’est pas liée à une libération totale du continent africain."




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L'incompris de la Guinée

Sekou_Toure_usgov_83_08641Sékou Touré (9 janvier 1922 - 26 mars 1984) La première remarque à faire le concernant c'est qu'il y a très peu ou pratiquement pas d'écrit qui parlerait en bien de cet homme. Je me permet quand même d'émettre des réserves sur son côté dictateur, je pense que ce sont les circonstances ou son entourage qui l'ont peut être amené à commettre certaines exactions. Reconnaissons lui quand même un mérite c'est d'avoir dit "non" en 1958 au Général De Gaulle à l'union partenariat avec la France. Bref, mon rôle n'est pas de critiquer, je me contente juste de relever certains aspects de ses discours qui ont été et demeure imporant pour nous:

" Il n'y a pas de Dignité sans Liberté, car tout assujettissement, toute contrainte imposée et subie dégrade celui sur qui elle pèse, lui retire une part de sa qualité d'Homme et en fait arbitrairement un être inférieur. Nous préférons la Pauvreté dans la Liberté à l’Opulence dans l'esclavage."

"Le pauvre ne peut prétendre qu'à s'enrichir et rien n'est plus naturel que de vouloir effacer toutes les inégalités et toutes les injustices. Ce besoin d'égalité et de justice nous le portons d'autant plus profondément en nous, que nous avons été plus durement soumis à l'injustice et à l'inégalité."

"L'Afrique - Noire n'est pas différente en cela de toute autre société ou de tout autre peuple. Selon nos voies propres, nous entendons nous acheminer vers notre bonheur et cela avec d'autant plus de volonté et de détermination que nous connaissons la longueur du chemin que nous avons à parcourir."


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L'homme Intègre du Burkina Faso

sankaraThomas Sankara (21 décembre 1949 - 15 octobre 1987) que vous dire de lui? J'ai eu l'occasion de voir un documentaire sur lui et je vous assure que ses discours étaient d'une réalité inimaginable! Si nos dirigeants mettaient en pratique tout ce qu'il préconisait je vous promet que l'Afrique serait au sommet aujourd'hui. Il a été tué pour ce qu'il incarnait et c'est dommage pour nous.

Voici quelques extraits de ses discours afin que vous vous rendez compte que nous avons perdu quelqu'un qui aurait pu nous apporter ce dont nous avons vraiment besoin en Afrique:

"Lorsque le peuple se met debout, l'impérialisme tremble (...) Il tremble parce qu’il a peur, il tremble parce qu’ici à Ouagadougou même, nous allons l’enterrer..."

"Les ennemis du peuple, c'est encore cette fraction de la bourgeoisie qui s'enrichit malhonnêtement par la fraude, par la corruption, par le pourrissement des agents de l'État..."

" La plus grande difficulté rencontrée est constituée par l’esprit de néo-colonisé qu’il y a dans ce pays. Nous avons été colonisés par un pays, la France, qui nous a donné certaines habitudes. Et pour nous, réussir dans la vie, avoir le bonheur, c’est essayer de vivre comme en France, comme le plus riche des Français. Si bien que les transformations que nous voulons opérer rencontrent des obstacles, des freins."

" Tant qu’il y aura l’oppression et l’exploitation, il y aura toujours deux justices et deux démocraties : celle des oppresseurs et celle des opprimés, celle des exploiteurs et celle des exploités"



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